voix_int_rieureJusqu'ici je n'ai jamais pris de vrai repos de l'écriture. Toujours quelque chose en tête, ces idées qui se bousculent dans ma tête, ma voix intérieure qui refuse de se taire. Le boulot, l'alimentaire s'est momentanément calmé, plus de temps passé chez moi et curieusement, aucune volonté, envie ni énergie de me mettre sur mon ordinateur. La seule culture que je développe actuellement est physique, mon corps je l'ai trop longtemps ignoré et c'est son tour d'obtenir mon attention. Et quand je soulève de la fonte, quand je cours, ma voix intérieure se tait, mon cerveau débranche les circuits de réflexion et accorde à mon corps toute l'énergie dont il a besoin. Quand ma voix intérieure se tait, quelques moments de paix m'envahissent et cette ivresse passagère me rend léger et heureux aussi. Loin de toute réflexion, loin de toute idée de production, de création.
Jusqu'ici j'ai toujours utilisé l'écriture comme moyen unique de nourrir mon colocataire, mettre en sourdine ma voix intérieure qui me fatigue tellement. Aujourd'hui j'ai trouvé le sport et j'ai compris qu'il était très important de prendre soin de ce corps.

Après 5 jours d'arrêt complet d'écriture, mademoiselle Idée se remanifeste, mon colocataire en redemande, ma voix intérieure bien qu'atténuée se rallume et madame Écriture vient de me redonner une nouvelle direction. En pause "Anarchie", retour sur "Lettres Majuscules". C'est tout l'avantage d'avoir commencé deux romans en simultané, quand l'un me gonfle, je me penche sur l'autre. Ces Lettres Majuscules, je les avais laissées de côté depuis de nombreux mois, et en relisant, je me suis dit qu'elles méritaient qu'on les envoie, qu'elles soit lues...

La vie d'écriture n'est vraiment pas simple, quand on arrête on croit que c'est terminé pour la vie, puis on se surprend à relire un roman en cours, à le corriger, puis dans la journée, en faisant tout autre chose, on pense à la suite, à la construction de l'histoire, et voilà, on réalise qu'on s'est déjà remis à écrire. L'écriture, ce n'est pas simplement taper comme un abruti sur son clavier, ni se tordre le poignet sur une feuille, c'est laisser une histoire grandir, des personnage maturer, la graine qu'on a planté en soi au début de l'écriture pousse pousse et même lorsqu'on est au supermarché, qu'on choisi quel Yaourt on va acheter, aussitôt qu'on pense à l'histoire, au roman qui est en cours, aux personnages qu'on a fait naitre, on est en train d'écrire.

La petite voix intérieure ne se tait jamais bien longtemps...