Lettres_MajusculesLe printemps est là et nous le fait savoir. En conclusion d'un hiver éprouvant et studieux, j'ai terminé vendredi, l'écriture de mon troisième roman "Lettres Majuscules". Je m'étais fixé la fin de l'hiver pour le finir, on peut dire qu'il était temps ! Ce roman, je l'avais commencé dans la foulée du deuxième, sans pause, en décembre 2009. Pour rappel, c'est un roman composé moitié  de lettres, moitié de narration. Les fameuses lettres, sont écrites par une certaine Amandine Trésor. Elle en rédige quatre : une lettre commune à toute sa petite famille, puis une à chacun : à son père, à son frère et à sa mère. Elle va simplement régler ses comptes avec eux, leur dire ce qu'elle sait sur eux mais qu'ils pensaient tenir secret. De cette correspondance à sens unique, un secret de famille sera révélé. Quels seront ses effets, comment réagira chaque protagoniste ? En janvier 2010, j'avais déjà écrit une lettre entière, puis ça a été la panne. Fatigue cérébrale, doutes qui ont irrémédiablement attiré l'affreux docteur Cliché. J'ai abandonné ce roman en mars 2010, je ne pouvais plus rien en tirer. Je l'ai quand même lu en l'état à une personne que j'aime et elle a été bouleversée. A insisté pour que je le termine. J'ai gardé ça en tête mais mademoiselle Idée m'a poussé vers d'autres directions : création de ce blog (et oui, presque un an déjà !!!), écriture d'une nouvelle, et écriture du quatrième roman "Anarchie". Fin décembre, "Anarchie" tourne en rond, j'écris puis je supprime sans arrêt, docteur Cliché me nargue encore. Je suis bloqué à la page 120, je désespère.

Puis, je reprends les brouillons de "Lettres Majuscules". Je sépare le bon grain de l'ivraie. Avantage du recul. Après un an d'oubli dans un tiroir, on est moins attaché sentimentalement à son écrit, on a oublié la joie que nous a provoqué la trouvaille d'une bonne phrase, on a oublié la nuit qu'on a passé à gratter telle ou telle page. Avec un an de recul, on coupe sans vergogne, on n'a qu'une idée en tête, c'est d'évaluer la solidité des fondations, des murs déjà dressés. On abats les plus faibles, on remets de l'harmonie dans cet ensemble dépareillé. On vire à coup d'insecticide le vilain docteur Cliché. Puis on dresse de nouveaux murs, on met un toit, on aménage. Et on termine.

Jamais sans l'aide de cette personne chère à mon coeur, je ne serais parvenu à terminer ce roman. Elle m'a soufflé des idées, s'est battue pour me montrer les mauvaises directions, les nouveaux clichés qui se repointaient tandis que je venais de virer les anciens. Elle m'a permis de réaliser que le style totalement épistolaire vers lequel je voulais me diriger sans toutefois être certain de la pertinence de ce genre littéraire dans mon histoire, faisait perdre de la force à ces trois lettres majuscules...

J'arrête là, aujourd'hui, je suis au stade relecture, suppression et ajouts, traque des fautes de grammaire, de frappes, des oublis de mots (ceux qu'on croit lire mais qui sont absent du texte), des répétitions, des anachronismes, des invraisemblances.

Viendra ensuite le temps d'envoyer le fichier à quelques lecteurs (ou plutôt lectrices, merci gentes dames), d'attendre les retours, me faire une idée sur le ressenti global de ce texte, puis il faudra le relier en vue de l'envoyer aux éditeurs. Puis une fois déposé, il faudra croiser les doigts, prier pour que le manuscrit soit lu dans un bon contexte, qu'on lui laisse une chance...

Ensuite ? Je me fiche de la suite. Je vais me reposer les neurones, lire, rien faire, pic-niquer au soleil, travailler et rentrer le soir pour me poser, sans fichier Word, sans rien... Puis l'envie reviendra progressivement. Jusqu'au jour où je n'aurai qu'une obsession : terminer le 4e roman, ou alors en commencer un autre. Et continuer d'écrire ici sur ce blog...