ObservationUn année passée depuis la création de ce blog. Déjà. Je ne réalise pas. Il s'est passé tant de choses en un an.

Quid de ces 365 jours ? Ce qu'on appelle communément la vie. La vie qu'on l'on souhaite calme mais pas ennuyeuse, posée mais pas répétitive, palpitante mais pas fatigante... Et il en résulte quoi de tout ça ? De tout. Si je cherche le côté palpitant, je vais chercher longtemps. Le côté tournis en revanche, je vais le trouver mais il est des activités dont je me passerais tellement volontiers... Le travail rémunéré par exemple. Même s'il m'apporte sociabilisation et assurance, je ne peux éviter de penser qu'il m'empêche de vivre tout simplement. Mais en même temps, si je reste enfermé chez moi, en vase clos, qu'en ressort-il ?

Écrire un roman ou une nouvelle exige des positions dans lesquelles les équilibres sont souvent complexes et les vents relativement contraires. Il faut vivre mais pas trop, être heureux mais pas trop. Si je ne fais que vivre, je n'écrirai pas car où trouverais-je le temps ? Si je suis trop heureux, quel sera mon besoin d'écrire ? Écrire me permet d'évacuer mon mal-être, de libérer une énergie qui sommeille en moi en permanence, celle de créer. Si je suis heureux, je ne ressens pas le besoin de la libérer cette énergie, elle est diluée dans mon quotidien. Lorsque les états d'âmes pointent le bout de leur nez, l'écriture est salvatrice et plus je crée, plus je dessine des personnages, des histoires et plus je vais me sentir bien. Plus je vais me sentir bien et moins je vais avoir ce désir. Et la boucle sera bouclée.

Lorsque j'ai ouvert ce blog, l'idée était de partager quelques méthodes que j'avais utilisées quant au développement d'un roman. Ce que j'ai fait dans un premier temps. Puis, en cours de route, j'ai réalisé que ces prétendus acquis que l'on est censé assimiler avec l'expérience, n'étaient jamais définitifs, jamais gravés dans le marbre. Mon papa m'a toujours dit : "Rien n'est jamais acquis" et force est de constater que c'est une vérité criante, surtout en ce qui concerne l'écriture. Débuter mon 3e roman m'a permis de réaliser que le savoir que l'on pense posséder est fragile. Je me suis posé la même question en débutant le premier mais également au début du deuxième : vais-je le finir ? Vais-je trouver matière à raconter ? Serai-je pertinent ? Non, la certitude qu'il me restait, c'était que mes deux romans étaient terminés, pour autant ils ne présentaient absolument aucune garantie pour le suivant. Non, je n'avais pas trouvé LA méthode, je recommençais, j'étais un débutant, rien de ce qui avait été capitalisé auparavant ne me rassurait.

En quoi pouvais-je donc me pointer ici et déclarer être capable de donner des conseils ?

Pour l'anniversaire de ce blog, et quinze jours après avoir terminé dans la douleur mon troisième roman, je vais essayer de vous donner, non pas des conseils, mais simplement mon opinion la plus sincère quant à l'élaboration d'un roman ou d'une nouvelle.

Je sais qu'il existe des méthodes, des écoles de creative writing et en bon français que je suis, je n'y suis pas favorable. Je pense qu'écrire, c'est plutôt l'inverse de la méthode scolaire. 

J'ai dénombré trois qualités essentielles que toute personne qui ambitionne d'écrire un roman doit posséder et développer. La base de toutes : un sens de l'observation aiguisé. Dans tous les domaines. Je ne connais pas de qualité plus importante. Observer quoi ? Tout. Par exemple, si on ne lit jamais, comment savoir ce qui se fait, ce qu'on aime, ce qu'on déteste. Sur quelles influences va-t-on se baser ? Je crois vraiment aux influences. De nos jours, rien n'est plus jamais inventé, tout est recyclé. Les influences peuvent venir de tous bords : littérature en premier lieu (et tous les styles si possibles) mais aussi la peinture,  la musique, et le cinéma sans  parler des gens qui nous entourent : famille, amis, connaissances et illustres inconnus. Je mets bémol sur le cinéma, je trouve que trop de romans se veulent cinématographique dans leur développement, dans les descriptions des scènes qui font partie de la trame. Je pense qu'on a tendance à trop confondre cinéma et littérature. Ce sont deux domaines différents et complémentaires et je pense qu'à l'origine, le cinéma a été plus souvent calqué sur le roman que l'inverse.

Se tenir éveillé, aux aguets, imprimer en soi tout ce qui nous environne, faire très attention à tous les petits détails de la vie, des gens que l'on croise, des personnages potentiels qu'ils peuvent devenir un jour dans votre fiction... tout cela fait partie du sens de l'observation que tout personne désirant écrire doit non seulement posséder mais aussi développer. Ne pas se blaser, être capable de s'émerveiller pour des petits riens, écouter le petit enfant qui sommeil en chacun. Aimer les petits bonheurs, accepter également que les petits malheurs fassent partie du quotidien. Aimer être invisible, observer consigner tirer des conclusion... Et n'écouter que soi, son propre ressenti.

Observation, curiosité, voilà la technique de base pour l'écriture. Tous ces éléments donneront vie à vos personnages.

Le reste : l'histoire, la trame, le verbe, ça demande une autre qualité que je classe en seconde position : la patience. La curiosité et l'observation devront passer à la moulinette de la patience. Et cette patience d'apprendre, de relire, d'améliorer les choses, accepter que les cinquante pages qu'on a mis un mois à gratter sont à jeter, ne s'obtient qu'avec de l'humilité. Non je ne vire par curton, je ne suis pas là pour parler morale, je suis là pour expliquer que la remise en question est vraiment absolument primordiale pour valider un écrit. Pour espérer être lu par ses congénères, être compris et éventuellement être édité par un professionnel.

Enfin, la troisième qualité qui est essentielle, c'est l'orgueil. Être assez sûr de soi pour attirer l'attention. Pour déranger des gens qui ne vous ont rien demandé. Pour montrer au monde environnant que ce que vous avez à dire, c'est assez intéressant pour le diffuser à travers un roman ou une nouvelle. Humilité dosée (pas d'autoflagellation SVP) et orgueil dosé (on n'est jamais le meilleur dans son domaine, il en faut juste pour tous les gouts et si votre passion est assez forte, vous trouverez des lecteurs qui s'identifieront à votre histoire, à votre petite voix intérieure).

Je brasse tous ces thèmes, juste pour conclure par ceci : la seule école que je connaisse, c'est la vie. Et la vie, c'est d'abord l'observation, la curiosité de laquelle née l'envie de raconter. Et si vous êtes patient, humble et orgueilleux à la fois, il est possible qu'un jour vous ayez la chance de devenir l'auteur d'une belle œuvre, celle que vous avez voulu créer, qui vous ressemblera, qui sera vous, qu'elle compte 1 ou 10 millions de lecteurs.

Vous êtes tentés ?