Dessine-moi un roman

mercredi 7 mars 2012

Tiens, j'ai eu une idée !

idéeVoilà qui est dit. C'est si rare ces derniers temps, ces derniers mois, je dirais même cette dernière année. Je n'en ai pas cherché, elles ne m'ont pas inondé. Suis-je devenu hermétique ? Peut-être. Trois romans en trois ans, il fallait bien se douter que tout ça allait se tasser, qu'à un moment donné, je n'aurais plus grand chose à dire qui sonnerait juste... Puis, les refus des éditeurs, si douloureux... J'ai fait un blocage de chez blocage (très littéraire ça hein) et j'ai fait grève. Mais madame Création et monsieur Dessin me sont tombés dessus et pendant deux mois, je n'ai plus fait que dessiner quand je ne travaillais pas. Les portraits de ceux que j'aimais... Et puis le dessin aussi ça m'a fatigué (une douzaine de portraits ce n'était pourtant pas la mer à boire).

Ce matin, je me suis levé et me suis dit que je tournais en rond. Un vrai Némo dans son bocal. Et toune et tourne et tournoi... Et quoi d'autre ? La vie que je hais, que je conspue et que je vis pourtant : celle du célibataire parisien qui travaille dans le domaine informatique, qui crève de solitude (sa chérie vit à plus de 500 km de lui, il côtoie qui en vrai ? Son chat ?), qui part tôt, qui rentre tard, qui bien sûr déteste son boulot mais a honte d'y penser quand il voit que tant d'autres n'en ont pas (c'était le chapitre social, actualités), qui fume clope sur clope le soir devant la télé parce qu'il n'est bon qu'à ça, qui va se coucher en ne pensant qu'à une chose : demain on recommence la même journée, qui vit un jour sans fin...

Mais dès fois, mademoiselle Idée nous réveille et nous souffle quelque chose. Un regard croisé dans le métro et c'est parti, un début de scénario qui se met en place. Je dirais plutôt une idée de nouvelle. Laquelle ? Je ne peux pas en parler car elle n'en est qu'au stade embryonnaire, elle peut se révéler mauvaise ou trop clichée aussitôt qu'elle sera couchée sur le papier virtuel. Mais elle a l'avantage d'exister et peut-être, si je trouve le temps et le courage d'essayer de l'exploiter, fera-t-elle naitre une autre idée, qui pourrait aboutir sur une troisième et ainsi de suite, jusqu'à ce que ça se transforme en histoire : une nouvelle ou un roman...

Oui ce matin j'ai eu une idée. Un fait si rare que j'avais envie de le partager...

Posté par dessinemoi1roman à 17:57 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
Tags :


lundi 9 janvier 2012

On fait quoi en 2012 ?

gastonQuinze petits messages, des coups de gueule, du découragement... Voilà le bilan 2011 de ce blog. Un blog déserté, abandonné par son auteur, curieusement pas délaissé par ses lecteurs. Curiosité absolue, l'affluence n'a jamais été aussi bonne que depuis que je ne poste plus. Trop d'info tue-t-elle l'info ? Trop d'états d'âme, trop de passion n'est-il pas un frein à la passion ?

Il est clair que 2011 et mon troisième roman auront causé de gros dégats dans mon activité de scribouillard. Chaque refus d'éditeur n'a pas été digéré, le découragement a pris le dessus, la passion s'est muée en dégout. De plus, de 2008 à 2011, j'avançais au rythme d'un roman par an et je ne me posais pas plus de questions que ça. J'étais intimement persuadé que ça allait marcher très vite et je travaillais dans l'urgence de me dire "il faut que ça marche maintenant sinon ça ne marchera jamais". Et je me suis fatigué. Ecrire est devenu un fardeau, je n'avais plus aucune idée neuve, je ne savais plus où je devais aller, et quand j'écrivais je sonnais faux. J'ai fini par jouer à écrire, par m'écouter écrire, et plus jamais écrire.

On n'écrit pas dans le but unique d'être édité, ça ne marche pas. On écrit parce qu'on a envie de raconter. Et aussi quand on a du temps à consacrer à cette activité. Je n'ai eu ni envie ni temps en 2011. J'ai simplement vécu et rechargé. Et ce n'est pas fini.

Je sais que mademoiselle Idée est toujours présente, que madame écriture n'est pas pressée. Messieurs les Mots sont disponibles à toute heure, mon colocataire lui s'est manifesté différemment ces derniers temps. Il m'a fait prendre un crayon, une gomme et une feuille blanche et il s'est mis à dessiner. Dessiner, non un roman, mais dessiner pour de vrai. Et j'ai découvert, à bientôt 32 ans que je savais dessiner d'une part, que c'était une activité qui me permettait de faire taire mes nombreuses voix intérieures qui se percutent trop souvent dans ma petite tête. Donc actuellement, je ne lis pas, je n'écris pas, je dessine. Juste pour le plaisir, pour moi, pour réapprendre à me concentrer sans me poser de questions.

Je reprendrai l'écriture quand cette activité me permettra de nouveau de me sentir créatif et de canaliser à la fois toutes ces voix qui ont fini par semer la pagaille dans ma tête... Quand ces conditions seront réunies, quand ça deviendra spontané, tout redeviendra faisable...

J'espère que ce jour n'est pas loin, je sais que j'ai le temps. Dans ma vie, je n'ai pas appris à le prendre ce temps. Mais c'est ma résolution pour cette année 2012 : prendre le temps afin que cette année soit belle, heureuse et épanouie... Ce que je vous souhaite, vous qui me suivez depuis presque deux ans maintenant...

Posté par dessinemoi1roman à 17:25 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , ,
dimanche 4 décembre 2011

Quelques news...

Non, ce blog n'est pas mort, juste un peu en sommeil. Il prend des forces, se requinque. Les seaux de l'imaginaire se remplissent, tout comme ma jauge d'énergie : on fait le plein...

J'ai pris de nouvelles résolutions avant la nouvelle année.

Déjà avant de commencer, je vous prie d'excuser mon silence, mon absence, mes colères envers le monde de l'édition et surtout l'abandon de cette recherche des mots que j'ai tant affectionnée...

Concernant l'écriture, j'ai laissé tombé un roman intitulé "Anarchie" qui était avancé (120 pages). Je l'avais interrompu pour terminer "Lettres Majuscules". Récemment, je l'ai rouvert et ça ne m'allait plus. J'ai décidé de sonder dans chacun de mes écrits si c'était bien ma voix intérieure qui s'exprimait, si je racontais vraiment quelque chose ou si je me regardais écrire, si je m'écoutais raconter. En relisant "Anarchie", je me suis trouvé insincère, ma voix intérieure était fluette, le ton superficiel, creux, arrogant... Je laisserai cette histoire à l'état de brouillon.

Aujourd'hui, j'ai prévu de démarcher 30 maisons d'édition pour "Lettres Majuscules", j'en ai déjà fait 5, avec 4 refus officiels (Stock, Dilettante, l'Olivier et Gallimard) un probable refus (Arléa). Je les imprime et les envoie au compte goutte. Rien n'y fait, je ne digère jamais un refus. J'essaie d'être juste, me dire qu'ils ont de bonnes raisons, que mon roman n'est peut-être pas abouti, puis il suffit que je lise un roman que l'un de ces éditeurs a publié et que je juge très médiocre pour enrager... Donc j'y vais doucement et n'espère vraiment plus d'édition ou de carrière dans le livre. Je tente au cas où, sait-on jamais. C'est dur peut-être, mais je pense que le rêve nous rend souvent plus malheureux que l'acceptation de la réalité.

Fort de ce nouvel état d'esprit et délivré d'ambition éditoriale, je vais m'atteler à la suite de "La vie selon Max". J'en avais 37 pages d'écrites, mais je vais faire prendre une autre direction à l'histoire, la toile est donc à recouvrir...

Écrire chez moi n'est plus une urgence, ni même un besoin, c'est juste comme ça, une envie de créer un monde. Je pourrais vivre sans, mais puisque j'ai la possibilité de le faire et puisque j'ai aussi quelques lecteurs (merci à vous) qui ont vraiment aimé La vie selon Max, eh bien ça me suffit, je vais la dessiner cette nouvelle histoire. Sans contrainte de temps, sans contraintes tout court.

Je vous souhaite un bel hiver et vous dis à très vite...

Posté par dessinemoi1roman à 01:07 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , , ,
jeudi 15 septembre 2011

La vie quoi...

lifePour répondre à une question qui m'a été posée à plusieurs reprises ces derniers temps : non je n'ai pas arrêté l'écriture. J'ai simplement suivi mon envie, mon instinct, celui de prendre du recul, celui de ne plus penser écriture lecture. Ces six derniers mois, j'ai traversé une période de boulot intense, qui ne laissait la place à aucune activité créatrice. Au début de l'année, j'ai mené de front mes deux activités : travail et écriture. J'ai terminé au mois de mars mon 3e roman que je n'ai relu qu'une fois. J'ai cru bon démarcher quatre éditeurs et pas un de plus, me disant que tout était abouti. Et je me suis fourvoyé. Mon manuscrit n'était pas mauvais, il était simplement bourré de fautes d'orthographe, grammaire, syntaxe, pléonasmes, contre-sens et compagnie. Moi qui pronait habituellement la relecture à outrance, le travail de fourmis, je me suis satisfait d'un manuscrit terminé à 90%. Et j'ai pris mes refus, et je me suis braqué. Je reste toujours en colère contre le refus du Dilettante car les raisons de celui-ci m'ont parues hypocrites au regard de ce qu'ils publient. Bref, j'ai eu ces quatre refus et je me suis senti découragé, au bord du gouffre, l'écriture était devenue synonyme d'angoisse, la lecture de corvée absolue. Alors j'ai décidé de tout arrêter, de m'acheter quelques Blue Ray, de regarder des films chewing gum et des films d'auteurs. D'écouter plus de musique, de vivre plus. Puisque je travaillais intensément pour gagner ma croute, il fallait que me libère les neurones. Et mine de rien, en trois ans d'écriture et trois romans et demi, je ne me l'étais pas beaucoup accordé.

Lorsque j'ai démarché ces éditeurs, une connaissance amie écrivaine éditée chez Stock et qui en est à son quatrième roman, m'a proposé gentiment de corriger mon manuscrit Lettres Majuscules. J'ai bien sûr sauté sur l'occasion et je peux dire que son geste a vraiment été incroyablement sympa puisqu'elle était elle-même dans les corrections de son roman à paraitre pour l'année prochaine. Quand elle a terminé les corrections et qu'elle me les a rendues, j'ai halluciné, elle avait gribouillé, barré, suggéré, (les petits smileys à côté des passages qu'elle aimait, c'était jubilatoire), elle avait tout revu, mot par mot. Et elle m'a permis de réaliser que j'étais trop impatient. Que les idées et un talent potentiel, ça ne suffisait pas. Elle m'a expliqué qu'écrire c'est réécrire. Que j'avais baclé le travail le plus long, le plus ingras, le plus important et qu'à ce titre, elle pensait que je ne méritais pas encore l'édition de mon manuscrit.

Le moins que l'on puisse dire est que ça m'a fait gamberger. J'étais piqué dans mon orgueil tout de même. J'ai mis le manuscrit de côté. Je n'ai reporté aucune correction de tout l'été, j'ai continué le break que j'avais décidé, les corrections attendraient, il n'y avait pas le feu au lac. L'été a passé, et je suis un peu parti, au vert auprès de ma chérie et de ses enfants, je me suis ressourcé, j'ai reçu beaucoup d'amour et j'en ai donné, je suis rentré à Paris pour bosser, puis c'est ma chérie qui est venue à moi et nous avons vécu une semaine magique à Paris, tous les deux seuls au monde. Puis elle est repartie à ma grande tristesse et j'ai repris le travail, plus dur encore, plus intense. Et subrepticement, je me suis remis à lire, comme ça l'air de rien, sans m'en rendre compte. Et j'ai dépoussiéré le manuscrit corrigé et j'ai commencé à reporter les corrections. Puis je suis reparti une dernière semaine, sur L'Île de Ré exactement, coupé de la civilisation, du métro, du boulot (pas du dodo), de toute la pression qui finit par me tuer lorsque je ne sors jamais de Paris. J'ai lu encore et encore, corrigé encore et encore, puis lu. Le dernier livre de Delphine de Vigan m'a transporté très loin, il m'a fait pleurer comme rarement un livre n'y était parvenu auparavant, m'a fait réfléchir et cette réflexion n'est pas terminée. Je suis rentré de L'Île de Ré ressourcé, remusclé (c'est que le vélo intense ça muscle) et démotivé au niveau professionnel.

Je n'ai pas encore retrouvé l'adrénaline nécessaire au boulot, et je suis en plein questionnement sur ma vie d'écriture, sur mes capacités réelles, sur mes motivations. Je me sens aujourd'hui plus imposteur qu'auteur. Je fais comme les écrivains, je les singe, mais suis-je sincère ? La voix intérieure qui ressort de mes écrits est-elle la mienne ? Ai-je trouvé ma voie ? Quel est mon style ? En ai-je seulement un ?

Je vais continuer à me poser ces questions que je pense essentielles quant à la survie ou à l'arrêt de l'activité romanesque.

Je vais essayer de me remettre de la lecture de "Rien ne s'oppose à la nuit" (terminé hier), je n'en fais même pas de chronique car cette fois-ci, je reste sans voix, ému, heureux, triste.

Merci.

Posté par dessinemoi1roman à 00:08 - - Commentaires [8] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , , , ,
mardi 21 juin 2011

Le répit...

40448525Trois mois et quatre lettres de refus après la fin de mon 3e roman, je végète, je m'investis un peu plus de mon travail, je ne pense plus écriture, je lis des romans légers, fascinants, non français, ce qui est déjà un gage d'authenticité...

Je ne sais pas aujourd'hui si je vais m'y remettre, je doute, tous les jours j'y pense et chaque fois je repousse, me dis que ma vie est plus belle sans l'humiliation de ces cons d'éditeurs parisiens (je généralise, je sais, c'est pas bien). La haine contre ce germanocrétinisme est loin d'être passée mais je vis avec...

Je ne pense pas abandonner l'écriture, je songe à écrire une sorte d'encyclopédie personnelle, ou un journal intime ou les deux... Je songe aussi à écrire une suite à mon premier roman, une suite pour le plaisir, une qui ne sera pas salie par les étagères et les mains lisses et négatives de ces commités de lecture. Une suite comme ça, gratuite, j'aime cette idée de gratuit, cette idée même de non rentabilité, comme si la littérature devait se monnayer à coup sûr.

Aujourd'hui je sens que tout est possible, rien n'a changé pourtant... Si, c'est peut-être moi qui change, ça serait une nouvelle fantastique...

Pardonnez ce désertage en règle, mais ce mois qui vient de passer n'a pas été riche en événements dignes dans figurer dans la thématique de ce blog...

J'ai découvert un auteur hilarant. Il s'appelle David Safier il est allemand. Si vous avez envie de sortir de la sinistrose littéraire et pompeuse actuelle que nous offrent nos compatriotes, sautez sur ses ouvrages : Maudit Karma et Jésus m'aime, je ne me souviens pas de tête du titre du dernier que je n'ai pas encore lu... J'ai également achevé en 24h la lecture de la suite de "Quand souffle le vent du nord" de Daniel Glattauer, auteur allemand également, qui nous racontait une rencontre virtuelle, une relation épistolaire unique entre Léo et Emmi. La suite s'appelle "La 7e vague" et conclut cette histoire magnifico-romantique. Les personnages sont profonds, torturés et très très amoureux. Quand on lit cette correspondance, on ne lit pas en réalité, on vis, on vibre, on engloutit...

Je retourne à mes activités et vous salue, merci de me lire encore !


Bizzz à tout le monde...

Posté par dessinemoi1roman à 14:44 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , ,


vendredi 20 mai 2011

Après la colère...

Non, je n'ai pas envoyé le message au Dilettante. Ni à personne d'ailleurs. Merci mon blog, je me suis défoulé ici, ça m'a évité de déclencher une crise d'hilarité dans ce milieu littéraire où cynisme, causticité, arrogance et suffisance règnent sans partage. Qualités qui me sont si propres que je ne supporterais pas de les voir utilisées à mon encontre.

Après la colère (j'aurais pu tuer quelqu'un mercredi après-midi, j'ai préféré rester chez moi et me coucher), viens donc l'étape de la résignation. Par pur flemme, je ne vais pas vous recopier les étapes du deuil, je ne suis pas psy de comptoir de toute façon, google vous renseignera mieux que moi. Bref, dans l'une des dernières étapes du deuil, il y a la résignation. Pas l'acceptation, j'insiste là-dessus. Je n'accepterai jamais les commentaires idiots et dénués de profondeur d'une pisseuse d'un comité de lecture du sixième arrondissement de Paris. Surmonter la frustration en revanche je peux essayer. Vivre avec, lâcher prise. Vivre avec plutôt, car vous dire que j'ai lâché prise serait d'une hypocrisie monstre.

L'intolérance à la frustration a été au moins jusqu'à mes 30 ans (j'en ai 31) mon pire ennemi et la cause de tous mes échecs. Depuis un an maintenant, j'arrive, ô grand miracle, à gérer les frustrations dans mon milieu professionnel. Et depuis que je gère mes impulsions dans ce domaine, j'ai gagné en autorité, en crédibilité, mon salaire a augmenté substanciellement, tout à changé. Dans le fond je reste frustré, je déteste toujours autant le boulot, je me demande à chaque instant ce que je fais là, et je finis par y répondre, je vis, je gagne ma vie...

Tolérer la frustration d'un refus, surtout d'un refus commenté et que l'on trouve injuste, c'est une sacré épreuve pour moi. J'essaie d'évacuer, je suis écoeuré, je réalise que j'ai atteint le niveau de l'overdose.

Aujourd'hui j'ai reçu un nouveau refus de la maison que je préfère à savoir l'Olivier. Ça aurait dû me faire très mal. D'autant que pour le roman précédent ils m'avaient répondu personnellement, m'avaient signifié qu'ils avaient hésité à le sortir. Ici, j'ai reçu une lettre batarde, celle qu'ils envoient à tous les blaireaux comme moi qui pensent savoir écrire. (sauf que moi je pense savoir écrire et je sais écrire ;) ) Mais honnêtement, ça me touche à peine. C'est la lettre du Dilettante qui m'a fait mal, échec avec lequel je vais vivre, frustration qui s'est invité dans mon salon et que je suis obligé d'héberger. L'Olivier, je m'en doutais je le savais aussitôt que je l'ai déposé que ça se passerait comme ça.

Bref, tout ça pour dire qu'aujourd'hui, je ne mettrai plus jamais de frein dans mes écrits, dans mes pensées, que je serai moi, banalement, tristement moi. Je n'en inventerai plus un autre. Je serai Renaud.

Aujourd'hui, je libère la bête.

Aujourd'hui, c'est le post 0 de ce blog.

Merci.

PS : GLOUPS...

Posté par dessinemoi1roman à 18:41 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , ,
mercredi 18 mai 2011

Coup de gueule contre le monde Germanocrétin...

colereVoici le message que je m'apprête à poster dans la boite aux lettres de la maison "Le Dilettante" :

"Ce message s'adresse à Hélène V. Je souhaite répondre au commentaire qu'elle a livré pour justifier le refus de mon manuscrit. Je suis scandalisé d'avoir lu qu'une scène était peu crédible car le père de la narratrice n'était pas au courant du redoublement de cette dernière. Je tenais simplement à préciser que c'est une histoire que j'ai vécue et qui m'a beaucoup affecté.
Sachez que j'en ai assez de ramper devant votre maison qui a réussi à sortir l'infâme Consolante de Gavalda et le nullissime L'âme Soeur d'Anne Lenner, et qui ose donner des conseils sur la crédibilité d'un récit. J'avais adressé mon manuscrit à monsieur le patron de cette maison et j'ai eu l'occasion de lui remettre le manuscrit en mains propres (j'ai d'ailleurs trouvé ce monsieur très hautain) et ça tombe bien j'avais adressé le manuscrit à lui-même (les éditeurs clament à hue et à dia qu'ils lisent tous les manuscrits qui leurs sont adressés) J'ai pu donc constater qu'il ne prend même pas la peine de lire, même si le manuscrit est très court (peut-être devrait-il passer moins de temps à encaisser les clients de sa petite librairie-maison d'édition).

Sachez que je vous boycotte désormais, votre hypocrisie germanopratine qui consiste à tenter de se démarquer des autres sans pour autant apporter une quelconque originalité à l'ensemble des récits qu'elle publie ne correspond ABSOLUMENT PAS à ma vision de la littérature...
Merci d'éteindre les passions comme vous le faites, vous ne me valez vraiment pas.
En tant qu'ancien lecteur d'Anna Gavalda, j'espère qu'elle trouvera un éditeur à la hauteur de son talent potentiel, et que ce dernier n'oubliera pas de lui rappeler l'importance des pronoms personnels dans un récit... Trop de dilettantisme ne tue-t-il pas le dilettantisme ?

PS : Vous devriez confier la lecture de vos manuscrits à des gens qui lisent plus et surtout qui ont plus de vécu. Sortir du 6e arrondissement de Paris, dès fois, ça fait du bien, croyez-moi..."

Ce message fait suite à une lettre de refus que je ne vous recopie pas en entier sous peine de vous dévoiler l'intrigue de mon 3e roman, même si je sais au fond que vous ne le lirez sans doute jamais...

Je suis très en colère au moment où j'écris ce post, je HAIS ce monde littéraire français, je HAIS tout ce qui s'y rattache...

Je ne l'ai pas encore posté dans leur boite aux lettres, j'essaie de gérer mes impulsions, est-ce que ce blog me permettra d'y parvenir ?

Merci.

PS : Je hais aussi la maison Stock...

Posté par dessinemoi1roman à 14:09 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
mardi 3 mai 2011

Lettre d'un scribouillard inconnu à l'attention de Madame Écriture

enfant2

Paris, le 03 mai 2011


À l'attention de Madame Écriture

 

 

 

Chère Madame Écriture,

Vous me remettez ? Je sais que vous avez tant à faire et que vous ne pouvez pas connaitre tous ceux qui, grâce à vous se sont mis à scribouiller et pour les meilleurs d'entre eux écrire. Je tends à faire partie de cette dernière catégorie mais seule la patience et le travail me permettront d'y arriver. Et la passion aussi.

Aujourd'hui, je n'ai aucune patience, pas assez d'énergie pour me remettre au travail (3 ans et 3 romans, ça use forcément) et ma passion semble s'être envolée. Passion pour écrire, passion pour lire.

Madame Écriture, vous m'avez donné beaucoup d'énergie lorsque vous m'avez laissé pénétrer votre univers. Vous m'avez envoyé votre petite fée, mademoiselle Idée, vous m'avez présenté à messieurs les Mots et vous m'avez enfin permis de communiquer avec mon colocataire qui depuis 28 ans désespérait de pouvoir occuper le devant de la scène de ma vie.

Ce 21 janvier 2008, tandis que je faisais ma vaisselle après une journée de travail, alors que je faisais une dépression grandeur nature, que je consultais un psychiatre et que je carburais aux anxiolitiques et autres antidépresseurs, tandis que je jugeais ma vie désespérée, j'ai pensé à une histoire. Deux histoires en réalité dont j'ai organisé la rencontre, que j'ai colorées avec des millions de détails de ma propre vie, avec de l'imaginaire également. J'ai écris encore, encore et encore. Jamais ma vie ne m'avait semblé aussi belle.

Puis le temps a fait son oeuvre, les refus des éditeurs également. J'ai été déçu, découragé, mais je me suis mis en quête de lecteurs, me suis inscrit sur Facebook pour aller vers eux, voir ce que mes romans avaient dans le ventre. J'ai été très encouragé, la grosseur de mon roman ne les a pas découragés, bien au contraire. Malgré la logique économique et social du petit monde autiste de l'édition, j'ai trouvé les ressources pour continuer. Messieurs les Mots étaient devenus mes meilleurs amis, on ne se sépare pas de ceux que l'on aime. Mademoiselle Idée me traitait avec faveur et respect, elle ne cessait de m'approvisionner. J'ai entamé aussitôt mon second roman. Je ne travaillais plus à ce moment là, j'ai donc pu m'y consacrer à plein temps et en quatre mois il était terminé. Les éditeurs sont restés eux-mêmes et moi je me suis désespéré de nouveau. De nouveau, ce sont les lecteurs, ce que je connaissais déjà et les nouveaux qui m'ont remis en selle. Un an après, j'ai terminé le troisième roman, repris une activité professionnelle et démarché seulement quatre éditeurs qui bien sûr, trois semaine après le dépot, ne semblent pas intéressés.

Je sais que mes romans sont de qualité. Je me fais confiance. Je sais aussi qu'ils méritent d'être retravaillés, revus. Je HAIS les gens qui écrivent mal et qui s'entêtent à démarcher les éditeurs. Je ne fais pas partie de ceux-là. Je n'ai pas beaucoup de capacités dans la vie, sauf celle de raconter des histoires. J'ai aujourd'hui une bonne trentaine de lecteurs qui me suit, qui m'encourage. Il ne s'agit pas de ma famille ou d'amis proches. Il s'agit de lecteurs qui sont tombés sur mes romans auto-édités, ou que j'ai démarchés via les réseaux sociaux. Jamais je ne proposerais à la publication quelque chose de foncièrement mauvais. Pourquoi ce n'est pas mauvais ? Parce que Messieurs les Mots sont mes plus proches amis, parce que Mademoiselle Idée ne m'a jamais abandonné, parce que vous Madame Écriture, vous n'avez jamais fait obstacle à ma présence sur votre terre. Et parce que j'écris avec mes tripes...

Trois ans après avoir débuté cette activité merveilleuse, je suis fatigué. De penser, de dessiner des histoires, de me courber devant des Monsieur Stock ou des Monsieur Le Dilettante qui étalent sans vergogne leur propre médiocrité et celle de beaucoup d'autres tout en faisant obstacle à ceux qui proposent de nouvelles choses.

De plus, je suis fatigué d'écrire pendant que je travaille, d'écrire le soir et une partie de la nuit.

Cette activité n'est plus synonyme de plein épanouissement, elle devient angoisse.

C'est pourquoi Madame Écriture, je vous demande un congé. Un congé sans date de fin, un congé à durée indéterminé. Je ne démissione pas, soyons clairs là-dessus, je demande juste le droit de vivre une vie normale, le droit de vivre tout court. Ne rien noter, ne rien consigner, vivre tout simplement. Jouer aux jeux vidéos, regarder des films d'actions moisis, regarder des séries, regarder la nature aussi, picniquer, ne rien faire, lire si le coeur m'en dit mais je n'en ai pas envie actuellement, écouter, dormir.

Je sais Madame Écriture que vous êtes bien plus que ce petit monde littéraire germanopratin bien pensant. Je sais que vous n'avez jamais considéré ces gens supérieurs en tout (origines sociales, études, salaire, monopole du bon goût) comme détenteurs du savoir littéraire, comme faiseurs de littérature.

Je sais madame Écriture que vous vous moquez de mes origines ouvrières, cinqième enfant d'une famille qui a connu tant de difficultés, une famille en proie à la précarité, aux croyances sectaires, au DIY (do it yourself - fais le toi-même). Vous vous moquez du niveau d'étude de l'écrivain en herbe. Vous vous moquez de son faciès et au contraire considérez que plus il vient de loin, plus il a galéré, et meilleur conteur il sera.

Madame Écriture je m'absente quelque peu de chez vous, j'espère revenir un jour, retrouver un peu de foi. Je garderai contact avec vous par le biais de ce blog, seul lien entre vous et moi.

Je sais que vous me comprenez et vous en remercie.

Je vous prie de recevoir, Madame Écriture, l'expression de mon plus grand respect et de mes plus sincères salutations.

Renaud DELESCAUT

PS : Merci

Posté par dessinemoi1roman à 14:10 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , ,
mercredi 13 avril 2011

Retour au réel

entre2On croit le temps arrêté, on pense le maitriser. Plus rien n'existe, on est plongé dans un ailleurs avec eux.

Eux. Ceux dont on a dessiné l'âme un beau jour. On ne sait jamais pourquoi ni vraiment par quel procédé miraculeux ils se sont mis à exister. Soudain ils ont un caractère, une personnalité, ils sont vivants et nous surprennent. Ils avancent dans leur temporalité tandis que la notre a cessé d'exister.

Mais malgré tout, le temps passe, les obligations pointent leur jolie minois, les paramètres physiques nous redonnent le sens du mot réalité. Avoir faim, s'endormir en écrivant par exemple sont les deux paramètres qui auront le plus souvent  raison de notre volonté à rester immergé dans ce monde imaginaire. La journée de travail qui nous attend exige un minimum de sommeil. Ainsi donc, la déconnexion de ce monde est violente. Nos yeux se sont accomodés à une lumière douce et lorsque l'on quitte à regret ses personnages, leur histoire, la lumière devient violente, tout est décuplé, en plus d'être ébloui, les bruits environnants  nous aggressent les esgourdent, l'angoisse se profile. Lorsque l'on se reconnecte au monde réel, le plus dur est de réussir à se focaliser sur les vraies problématiques de la vie. Remplir une tâche administrative devient alors un enfer, tout comme une tâche ménagère, tout comme...

Ecrire, c'est aimer se déconnecter, c'est plonger assez loin dans un ailleurs, mais plus près de soi. Du vrai soi.

Dur, dur de s'adapter à la réalité, mes yeux en sont encore choqués. Y a-t-il un mode d'emploi qui permette de conjuguer la vie normale avec la vie d'écriture ?

Posté par dessinemoi1roman à 14:05 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
mercredi 6 avril 2011

Après l'écriture... l'écriture...

lettreLe nouveau roman achevé, corrigé, c'est une nouvelle aventure qui démarre. J'en suis là. Un peu à bout de force mais pas résigné à le laisser pourrir. J'ai envie qu'on le lise, qu'on le commente, qu'il ait remué chacun (en bien ou en mal), ce roman je le dis, je l'ai écrit pour qu'il soit lu. Par un lecteur minimum, par tout le monde maximum (smile).

Il me faut donc réfléchir à la stratégie de démarchage des éditeurs. Qui ? comment ? Combien de manuscrits vais-je imprimer ?

Vais-je enfin être l'auteur d'une lettre d'accompagnement de manuscrit digne de ce nom ? Un petit texte qui ne serait pas infâme ? Car jusqu'à maintenant, sur les deux premiers romans que j'ai envoyés aux maisons diverses, si on avait dû les noter de 0 à 20, on pouvait donner -2 à mes lettres qui respiraient l'insincérité, le faux cul et la complaisance. Qui pouvait avoir envie de lire le manuscrit qui les accompagnait ? Dire que certains éditeurs l'ont quand même lu, ils ne sont pas si difficiles que l'on peut le croire... Dès qu'il s'agit d'un exercice imposé, je ne suis plus capable de rien. La lettre d'accompagnement, c'est un peu comme une lettre de motivation. On ne dit pas ce qu'on pense, on est censé dire ce que l'on n'a pas envie de dire, qui nous semble tellement évident que l'idée de l'exprimer nous décourage illico.

Dans l'idéal, j'écrirais dans cette fameuse lettre : "Moi envoyer manuscrit à toi. Toi lire manuscrit. Moi espérer que toi aimer. Moi désirer que toi éditer moi. Moi vouloir que toi appeler moi."

J'écris toujours deux types de lettres d'accompagnement. Celle destinée à une maison d'édition que je vénère ou que j'aime bien tout simplement et puis une lettre type adressée à celles que je connais mal.

Pour moi, les premiers envois sont toujours destinés à l'Olivier puis à Stock puis au Dilettante. Je connais bien les ouvrages maison, je suis de près les parutions, je rêve un jour que mon nom soit affiché sur une de leur couverture. Je rêve surtout d'écrire un ouvrage à la hauteur de leur qualité éditoriale. Je n'ai pas cité La Brune, ex Rouergue que je ne démarcherai plus. J'aime particulièrement leurs publications, mais envoyer un manuscrit chez eux c'est perdre le prix de l'envoi, perdre le manuscrit, ne même pas pouvoir espérer une lettre (même standard) de refus. Ils ne semblent pas organisés, je préfère donc rester à ma place de lecteur. Ensuite, il y a les autres maisons, les généralistes, celles qui publient de tout du moment qu'ils vendent, à savoir Gallimard, Grasset, Flammarion , JC Lattès (la liste n'est pas exhaustive). Eux ils répondent toujours. Des jolis courriers types qui expriment toujours la même chose :"Malgré les qualités de votre texte, il ne rentre malheureusement pas dans notre politique éditoriale". Traduction : si ton nom de famille était connu, tu serais signataire d'un joli contrat." Je sais que j'exagère car une fois l'an, chacune de ces maisons édite un jeune inconnu. (souvent beau, photogénique)

Je pense qu'il est inutile d'envoyer des manuscrits pour les envoyer. Il est nécessaire et même crucial de cibler. Imprimer, relier et envoyer un manuscrit, ça demande un certain budget et une évidente organisation. Si vous démarchez, si vous écrivez, je pars du principe que vous lisez beaucoup. Vous avez forcément des auteurs favoris et vous avez surement repéré une maison qui vous plaise plus que les autres. Si vous jugez que votre écrit peut entrer dans le cadre de ses publications, je vous conseille de commencer par cette maison. Vous ne serez que plus sincères dans votre lettre d'accompagnement, vous montrerez sans hypocrisie que vous l'appréciez et que ce n'est pas par hasard que vous atterrissez chez eux.

Et dans le cas où on démarche en majorité des maisons qu'on ne connait que basiquement voire pas du tout ? C'est bien évidemment le passage obligatoire. On va tenter de placer son manuscrit coute que coute. Dans ce cas là, je conseille de ne pas être hypocrite et de zapper le passage sur la maison. Tenter l'impossible pour que votre lettre qui sera type, paraisse originale. Après tout, il n'y a pas crime à ne pas les connaitre (c'est juste mon avis).

Aujourd'hui, je ne me permets pas de donner d'exemple concret quant à la lettre elle-même, pas de modèle. Je ne considère pas avoir trouvé la formule idéale. Tout ce que je peux dire, c'est qu'un éditeur doit rechercher une touche de sincérité, d'authenticité. Je pense que les mots simples, un zeste d'humilité et l'absence de cliché (j"'espère que vous aimerez mon texte" en est un gros pour moi) seront vos atouts majeurs.

Et si je suivais mes conseils dès fois ?

Posté par dessinemoi1roman à 10:33 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , , , ,