lettreLe nouveau roman achevé, corrigé, c'est une nouvelle aventure qui démarre. J'en suis là. Un peu à bout de force mais pas résigné à le laisser pourrir. J'ai envie qu'on le lise, qu'on le commente, qu'il ait remué chacun (en bien ou en mal), ce roman je le dis, je l'ai écrit pour qu'il soit lu. Par un lecteur minimum, par tout le monde maximum (smile).

Il me faut donc réfléchir à la stratégie de démarchage des éditeurs. Qui ? comment ? Combien de manuscrits vais-je imprimer ?

Vais-je enfin être l'auteur d'une lettre d'accompagnement de manuscrit digne de ce nom ? Un petit texte qui ne serait pas infâme ? Car jusqu'à maintenant, sur les deux premiers romans que j'ai envoyés aux maisons diverses, si on avait dû les noter de 0 à 20, on pouvait donner -2 à mes lettres qui respiraient l'insincérité, le faux cul et la complaisance. Qui pouvait avoir envie de lire le manuscrit qui les accompagnait ? Dire que certains éditeurs l'ont quand même lu, ils ne sont pas si difficiles que l'on peut le croire... Dès qu'il s'agit d'un exercice imposé, je ne suis plus capable de rien. La lettre d'accompagnement, c'est un peu comme une lettre de motivation. On ne dit pas ce qu'on pense, on est censé dire ce que l'on n'a pas envie de dire, qui nous semble tellement évident que l'idée de l'exprimer nous décourage illico.

Dans l'idéal, j'écrirais dans cette fameuse lettre : "Moi envoyer manuscrit à toi. Toi lire manuscrit. Moi espérer que toi aimer. Moi désirer que toi éditer moi. Moi vouloir que toi appeler moi."

J'écris toujours deux types de lettres d'accompagnement. Celle destinée à une maison d'édition que je vénère ou que j'aime bien tout simplement et puis une lettre type adressée à celles que je connais mal.

Pour moi, les premiers envois sont toujours destinés à l'Olivier puis à Stock puis au Dilettante. Je connais bien les ouvrages maison, je suis de près les parutions, je rêve un jour que mon nom soit affiché sur une de leur couverture. Je rêve surtout d'écrire un ouvrage à la hauteur de leur qualité éditoriale. Je n'ai pas cité La Brune, ex Rouergue que je ne démarcherai plus. J'aime particulièrement leurs publications, mais envoyer un manuscrit chez eux c'est perdre le prix de l'envoi, perdre le manuscrit, ne même pas pouvoir espérer une lettre (même standard) de refus. Ils ne semblent pas organisés, je préfère donc rester à ma place de lecteur. Ensuite, il y a les autres maisons, les généralistes, celles qui publient de tout du moment qu'ils vendent, à savoir Gallimard, Grasset, Flammarion , JC Lattès (la liste n'est pas exhaustive). Eux ils répondent toujours. Des jolis courriers types qui expriment toujours la même chose :"Malgré les qualités de votre texte, il ne rentre malheureusement pas dans notre politique éditoriale". Traduction : si ton nom de famille était connu, tu serais signataire d'un joli contrat." Je sais que j'exagère car une fois l'an, chacune de ces maisons édite un jeune inconnu. (souvent beau, photogénique)

Je pense qu'il est inutile d'envoyer des manuscrits pour les envoyer. Il est nécessaire et même crucial de cibler. Imprimer, relier et envoyer un manuscrit, ça demande un certain budget et une évidente organisation. Si vous démarchez, si vous écrivez, je pars du principe que vous lisez beaucoup. Vous avez forcément des auteurs favoris et vous avez surement repéré une maison qui vous plaise plus que les autres. Si vous jugez que votre écrit peut entrer dans le cadre de ses publications, je vous conseille de commencer par cette maison. Vous ne serez que plus sincères dans votre lettre d'accompagnement, vous montrerez sans hypocrisie que vous l'appréciez et que ce n'est pas par hasard que vous atterrissez chez eux.

Et dans le cas où on démarche en majorité des maisons qu'on ne connait que basiquement voire pas du tout ? C'est bien évidemment le passage obligatoire. On va tenter de placer son manuscrit coute que coute. Dans ce cas là, je conseille de ne pas être hypocrite et de zapper le passage sur la maison. Tenter l'impossible pour que votre lettre qui sera type, paraisse originale. Après tout, il n'y a pas crime à ne pas les connaitre (c'est juste mon avis).

Aujourd'hui, je ne me permets pas de donner d'exemple concret quant à la lettre elle-même, pas de modèle. Je ne considère pas avoir trouvé la formule idéale. Tout ce que je peux dire, c'est qu'un éditeur doit rechercher une touche de sincérité, d'authenticité. Je pense que les mots simples, un zeste d'humilité et l'absence de cliché (j"'espère que vous aimerez mon texte" en est un gros pour moi) seront vos atouts majeurs.

Et si je suivais mes conseils dès fois ?